Origines
CUPILLARD – 1389 à Montlebon, où les Cupillard donnent leur nom
à un village du Cerneux-Péquignot, les « Roussotes Cupillard ». Les
Cupillard-Alize sont cités dès 1533, les Cupillard-Othenin en 1539
Sur le Four, les Cupillard-Messier en 1548 (dont l’ancêtre a vraisem-
blablement tenu la fonction de messier, sorte de garde champêtre), les
Cupillard-Gay en 1588 Sur le Petit Four, les Cupillard-Jeunet en 1645
à Morteau.
On trouvait au seizième siècle des CUPILLARD ailleurs que dans le Val de Morteau, dans le Pays de Montbéliard, (Au dix-septième siècle on en trouve encore dans la seigneurie voisine de Chatillon, à Neuvier près de Saint Hippolyte).
En 1507 il y a à Villars les Blamont un meix dit Cupillard, note le pasteur Mathiot, un érudit montbéliardais. On en trouve, au seizième siècle toujours, à Autechaux.
Ouvrons à cette occasion une parenthèse sur l’origine du patronyme car le pasteur Mathiot, dans son étude sur les patronymes du Pays de Montbéliard, était le seul, avant la parution en 1991 d’un dictionnaire étymologique particulièrement complet a avoir émis une hypothèse, sur la signification qu’il dit être obscure du patronyme Cupillard : « serait-il une corruption de Goupillard, de goupil, le renard » ?
Pour ma part je note que -ard est un suffixe réputé d’origine germanique et qu’on le retrouve dans le Val de Morteau, dès les origines dans les patronymes suivants : BOICHARD, CHOPARD, TAILLARD, qui tous évoquent de près ou de loin le travail du bois.
Le dictionnaire étymologique des noms de famille cité plus haut fait bien entrer le nom de famille CUPILLARD dans cette catégorie, il le rattache en effet à copel, qui signifie copeau en vieux français. CUPILLARD signifierait alors selon l’auteur du dictionnaire : menuisier ou bucheron.
Alors, peut-être pourrait-on voir dans les premiers Cupillard, les défricheurs du Val de Morteau, dont on pensait encore récemment qu’il n’avait été colonisé que vers l’an mille, quelques décennies plus tôt ou plus tard ?
Cependant, de nouvelles méthodes d’investigation comme la palynologie qui permet d’étudier la répartition des pollens dans des époques reculées viennent récemment d’infirmer cette datation.
Mieux encore, un Cupillard précisément, Mr Chrisophe Cupillard du service régional d’archéologie, exposait dernièrement les résutats des fouilles archéologiques faites à Villers le Lac à La Roche au Pêcheur. Des traces de vie datant de douze mille ans ont été retrouvées.
L’histoire du Val de Morteau se confond pour les premiers siècles avec celle du Prieuré de Morteau, dont le prieur est le seigneur du pays. Elle a été écrite en 1925 par le Vicomte Truchis de Varennes et le lecteur intéressé pourra se reporter à cet ouvrage magistral.
A la suite de son ouvrage, Truchis de Varennes a donné une édition du manuscrit connu sous le nom de Livre Noir du Val de Morteau. Ce document précieux collationne des chartes de différentes époques qui témoignent des efforts des habitants du Val pour arracher, morceau par morceau, leur émancipation à leur Seigneur ecclésiastique.
Nous donnerons ici la plus ancienne, celle de 1188, l’original est en latin ce qui la rend peu accessible à de nombreux lecteurs; la transcription qui suit est en français d’après une copie du dix-huitième siècle en ma possession. Ce traité est particulièrement important car il nous donne un aperçu sur le mode de vie des habitants du Val de Morteau au Moyen-âge.
» Nous official de la Cour de Besancon, scavoir faisons à tous, que nous avons vu et reconnu plusieurs chartres saines et entières, transcrites mot à mot par gens fidèles, desquelles chartres nous avons reconnu les véritables signatures au premier coup d’oeil dont la teneur s’en fait en ces termes.
Pour servir à la postérité et accroitre l’autorité desdites chartes dont personne sensé ne doit douter nous voulons qu’à toutes personnes présentes et futures, il soit notoire que frère Hugues, originaire de Cluny, prieur de Morteau, nous supplie instamment ainsy que les religieux de son couvent, de vouloir bien ratifier, conformer et corroborer de notre scel et de celuy du Sacré couvent de Cluny, certains articles contractés pour le bien de la paix avec les hommes, ses sujets, Dodo, Etienne et Girard de Morteau et Nardin de Guyans, et autres députés à ce sujet, nous firent la même supplication; c’est pourquoy, voulant traiter favorablement les parties, avons conformé et ordonné que le contenu desdites chartres soit fidèlement observé dans la suite, les articles traités entre ledit prieur de Morteau et ses sujets, sont tels que s’ensuivent :
Dans toute l’étendue du val de Morteau et d’Eysson, dont les limites ne sont point fixes, le prieur aura la taille et la dime de toutes les terres et chazeaux que lesdits sujets tiennent dudit prieur.
Le prieur aura le cens suivant l’ancien usage et devront lesdits sujets observer toutes les anciennes coutumes telles qu’elles se sont observées de passé jusqu’à présent excepté la taille qui a été remise.
Autres clauses nouvelles :
Quiconque aura un boeuf pour labourer donnera au prieur chaque année trois sous estevenants; qui au lieu d’un boeuf se servira d’une vache ou d’un cheval payera comme s’il avait un boeuf; si quelqu’un loue un boeuf d’un sujet de l’endroit il donnera autant que si le boeuf luy appartenait; s’il le loue d’un etranger il payera seulement la moitié du cens convenu.
Quiconque aura un boeuf payera trois sous, et qui aura un boeuf et trois vaches payera six sous; qui n’aura point de boeufs mais quatre vaches payera six sous, s’il a deux boeufs pour lors ne payera rien pour ses vaches.
Dans toute l’étendue de la terre de l’église et du Val de Morteau, il sera dû ordinairement par année au prieur trois corvées de boeuf dans le temps des foins; quiconque aura accoutumé de travailler devra aider le prieur pendant une journée, scavoir les habitants de Morteau, d’Eysson, d’Avoudrey et Villers. Dans le Val de Morteau et d’Eysson, le prieur aura sa dime sur les chars, sur l’eau, dans les maisons ou dans les finages, comme il le jugera à propos; quiconque enlèvera son bled du champ devra la dixme, à moins qu’a cause de sa pauvreté il ne l’emporte sur son col; si un sujet vient à décéder dans le val de Morteau et à Eysson, et qu’il n’ait pour héritier qu’une personne séparée de luy qui ne soit ny à son pain, ny sous son commandement, pour lors les religieux hériteront de tout ce que possédera ledit sujet; si cependant le plus proche parent se présente au prieur pour acheter les fonds qui appartenaient au défunt, le prieur devra luy donner la préférence avant tous les autres.
Il ne sera permis à aucun sujet du Val de Morteau de marier sa fille hors dudit Val, que si le cas arrive, pour lors le prieur pourra s’emparer de tous les fonds que le père aura pu donner à sa fille en mariage, de sorte que cependant si cette fille mariée vienne à avoir un héritier et que cet hériter veuille venir habiter ledit Val de Morteau, pour lors il pourra recouvrer lesdits fonds pourvu qu’il ne fut engagé à aucune servitude autre part.
Si quelque sujet désire d’aliéner ses fonds dans le Val, il devra en premier lieu en avertir le prieur, qui aura le droit le premier de les retenir pour son compte, s’il les refuse, il sera libre audit sujet de les vendre à qui bon luy semblera; même clause au sujet de la vente des maisons, toutes fois cependant que l’acquéreur desdits fonds et maisons soit dudit Val de Morteau. Si à l’insu du prieur quelque sujet s’avise de vendre des fonds, ledit prieur aura le droit de les reprendre.
Quiconque desdits sujets aura enlevé de force quelques choses de ladite terre du Val, le Seigneur prieur garde toujours ses droits.
Quiconque ne déclarera pas une bête pour laquelle il aurait dû payer un cens et qu’il vienne à être découvert payera cinq sous pour son dol.
Tout maléfacteur qui à cause de ses mauvaises actions ne pourra être absous de l’archevêque de Besançon devra envoyer à Rome, ou au Conseil des Gens du Conseil supérieur pour être absous et en payera tous les frais.
Les sujets de Grand Fontaine et de Guyans devront tous les trois mois la dime des agneaux et de la laine, outre la dime qu’ils doivent dans leurs champs.
Si quelque sujet s’avise de maltraiter ou insulter le prieur ou quelqu’un de sa maison il sera tenu en réparation d’honneur suivant l’usage du lieu.
Quiconque ne payera pas le cens accoutumé, qu’il vienne à être gagé pour le forcer à payer et qu’étant gagé il veuille encore se refuser, pour son opposition il sera puni suivant la loy.
Loix du prieur pour Morteau et Eysson.
Un adultère et une adultère payeront 60 sols.
Tout ce qui appartiendra aux traitres et aux voleurs tournera au profit du Seigneur.
Pour un duel on payera 60 sols.
Pour un assassinat on se référera à la justice et à la miséricorde du prieur.
Pour sang répandu en public on payera 9 sols et en secret 3 sols. Dans toute l’étendue de la terre de l’église aucun sujet ne pourra être gagé.
Si le seigneur prieur vient à demander à loger dans la maison d’un de ses sujets ledit sujet sera tenu de le loger une seul fois par année, et de le traiter comme son seigneur.
Nous de l’autorité de Dieu, des Saints apôtres Saint Pierre et Saint Paul, de notre Sacré couvent de Cluny, et de la notre, faisons expressément déffenses sous peine d’excommunication à tout prieur et religieux d’aller à l’encontre de ce que dessus, et de ne rien ôter à l’église sous quelque prétexte que ce soit, donné l’an de notre Seigneur 1188.
Nous official susdit pour rendre témoignage de la vérité des présentes qui ont été transcrites mot à mot du vray original nous avons mis et apposé notre saint sein en présence de la cour de Besançon, donné à Besançon le 3 jour des kalendes d’octobre l’an du Seigneur 1401 et plus bas collationné par nous et signé. »
Les conditions de ce traité, encore bien contraignantes pour les habitants marquent cependant un adoucissement de leur condition, avec en particulier la suppressions de la taille, rachetée par un nouvel impôt et l’impossibilité de les gager, c’est à dire de les tenir pour solidaires des dettes du prieur.
C’est dans ce Livre Noir que l’on trouvera les premières listes de chefs de famille. La première date de 1389 et si nombre de patronymes ont disparu, certains sont toujours présents dans le Val de Morteau. Il ne faudrait pas croire cependant que si un patronyme actuel n’apparaît pas dans cette liste, c’est nécessairement que les premiers porteurs du nom sont arrivés dans la région plus tard, les patronymes ne sont pas encore fixés à la fin du Moyen Age, et ils ne se fixeront définitivement qu’à la Révolution.
Les exemples sont nombreux de changement de noms au cours des siècles, et j’ai raconté par ailleurs comment les REMONNAY de Montlebon se sont successivement appelés SIRE au quinzième siècle, SIRE CAIREY au seizième siècle, SIRE CAIREY REMONNAY au début du dix-septième siècle, puis CAIREY REMONNAY et enfin REMONNAY.
Qu’en est-il pour les CUPILLARD, objet de cette étude. On trouve dans la première liste, en 1389 , le premier chef de famille connu, Outhenin QUEPILLART. Puis en 1434 deux chefs de famille, peut-être fils du précédent, Besancenat CUPILLART et Jacobt CUPILLART.
On trouve ensuite, en 1452 Besançon CUPILLART, en 1458 Jehan CUIPPELLARD, en 1462 à nouveau Jehan CUIPPELLARD.
Sur tous ces CUPILLARD du début du quinzième siècle on ne connaîtra jamais que le prénom. Il vivaient comme leurs descendants dans le quartier de Montlebon, et probablement dans ce que l’on appelle alors la Montagne de Sur le Fourg, qui deviendra plus tard le Cerneux Péquignot. Leurs conditions de vie, comme celles de leurs contemporains furent précaires. L’époque fut marquée par les épidémies, les guerres et les famines.
Le quatorzième siècle en particulier a été catastrophique pour les habitants avec la première apparition de la peste en 1349, la peste noire de triste mémoire qui dépeupla de nombreuses régions et à laquelle la Comté n’échappa pas. Le Val de Morteau vit sans doute disparaître un grand nombre de ses habitants. D’autant plus qu’en 1361, le fléau frappait à nouveau, et que s’y ajoutèrent pendant une dizaine d’années les ravages des grandes compagnies, c’est à dire des bandes de mercenaires réduites au chômage par la fin de la guerre de cent ans. Et comme si cela n’avait pas suffi, il fallait encore compter avec la guerre privée qui opposa pendant trente deux ans de 1325 à 1357 les barons comtois, partisans de Henri de Montbéliard (Henri de Montfaucon marié à Agnès de Montbéliard) d’un côté, partisans de Louis de Neuchâtel de l’autre. Le conflit portait sur le partage de l’immense succession des Montfaucon et en particulier sur la suzeraineté du Val de Morteau qui avait échu à Louis de Neuchâtel en Suisse par son mariage avec Jeanne de Montfaucon.
Pris en otage dans ces guerres qui les dépassaient, les manants du Val virent à maintes reprises leur bétail volé, leurs maisons brûlées, quand eux mêmes n’étaient pas victimes d’assassinat.
Pendant presque un siècle la Comté fut ensuite rattachée au Duché de Bourgogne sous la domination successive des quatre grands ducs, qui tour à tour créèrent les bases de l’administration moderne de la Comté, avec par exemple en 1422 la fondation de l’Université de Dole ou en 1460 la rédaction des coutumes ou encore la fondation du Parlement de Dole.
Mais cela n’empêcha pas la Comté d’être à nouveau ravagée à plusieurs reprises, de 1437 à 1445 par les Ecorcheurs , puis après un court répit, l’épopée ducale se terminant tragiquement en 1477 avec la mort de Charles le Téméraire à Nancy, par les Suisses qui brûlèrent Pontarlier en 1475.
Durant ces deux siècles forts troublés les habitants du Val de Morteau ne furent pas épargnés. Cela ne les empêcha pas, dès que l’occasion s’en présentait d’arracher des concessions, tantôt au prieur, tantôt aux comtes de Neuchâtel, protecteurs du Val, voire au Duc de Bourgogne comme en 1389.
Mais revenons aux CUPILLARD, à partir de la fin du quinzième siècle les documents plus nombreux vont nous permettre de mieux les connaître, de les localiser, et même de les suivre de génération en génération, comme nous allons le voir à partir du chapitre suivant.
Les différentes branches à la fin du Moyen-âge
Un livre de comptes de 1490 nous est miraculeusement parvenu . On y trouve l’état de tous les hommes valides de plus de quinze ans susceptibles de faire la corvée de « fal » c’est à dire de faux.
Le Val de Morteau est divisé en cinq quartiers, La Grand Ville, c’est à dire Morteau, la Grand Combe, Montlebon, Le Lac et Les Fins.
La liste est établie par communion, c’est à dire par famille plus ou moins élargie vivant sous un même toit et mangeant le même pain, condition liée à la mainmorte.
Les CUPILLARD sont situés dans le quartier de Montlebon uniquement, et à l’intérieur de ce quartier dans la partie de Sur le Fourg qui regroupe la montagne de Montlebon des Fontenottes jusqu’au Cerneux Péquignot.
On trouve six familles de CUPILLARD :
1. Girard fils de Pierre Cuppillard
Enard son frère.
Guillin son autre frère.
2. Besançon Cuppillard.
3. Perin Cuppillard
Vuillin son fils
Pierre son autre fils
Jacque son autre fils
Girard frère dudit Perin
Henry son autre frère.
4. Othenin fils Perin Cuppillard
Perin son fils
Girard son autre fils.
5. Jehan Cuppillard
Guillame son fils
6. Guille Cuppillard.
Un Cuppillard n’apparaît pas dans cet état, peut-être un privilège lié à sa fonction, il s’agit de Jacobt CUPPILLARD, scribe libellant de la justice de Morteau qui rend une partie des comptes, et qui est certainement le premier CUPILLARD de l’histoire à savoir écrire.
La localisation de tous ces Cupillard dans une partie bien précise du Val de Morteau laisse à penser qu’ils sont encore sur les terres allouées à leurs ancêtres et que ces derniers ont défrichées quelques siècles plus tôt.
Sur le Fourg compte à cette époque 27 communions soit environ 150 habitants et sur ces 27 feux 6 Cupillard soit environ un quart.
Les autres habitants de Sur le Fourg s’appellent NYCOLOT, VAUTHIER, BILLARD, GROS HUGUENIN, JAY CHOFFE, CHOUFFE, DUCHET, PRENOT, BRUTILLOT, BORNOT et GRAND GUILLAUME.
C’est sans doute parmi ces patronymes qu’il faut chercher celui porté par nombre d’épouses de Cupillard du début du seizième siècle.
Le seizième siècle est l’âge d’or de la Franche-Comté, époque mythique de la domination de l’Espagne bienveillante et lointaine.
Les habitants furent relativement épargnés par les guerres, le commerce et l’artisanat purent se développer.
On vit dans le Val de Morteau se multiplier les constructions de moulins de toutes sortes. Les familles s’agrandirent et se multiplièrent tellement que pour certaines d’entre elles il devint fort difficile de s’y retrouver vu le petit nombre de prénoms utilisés.
En effet il était d’usage que le parrain laisse son prénom au nouveau né et on n’avait alors qu’un seul prénom. Il n’était par ailleurs pas rare que deux, voire trois frères ou soeurs portent le même prénom. On les distinguait entre eux en les appelant par exemple Jean le vieux, Jean le moyen et Jean le Jeune. Mais si chez les voisins le fils s’appelait aussi Jean il devenait alors difficile de s’y retrouver. C’est alors que se multiplièrent les nom doubles et les Cupillard n’échappèrent pas à la règle.
Au début du seizième siècle on trouve déjà huit branches de Cuppillard, des Cuppillard CORCOL, Cuppillard RATTE, Cuppillard OUTHENIN, Cuppillard GAY, Cuppillard MESSIER, Cuppillard JEUNET, Cuppillard BOISTON, Cuppillard BESANCON, sans compter les Cuppillard qui n’ont pas jugé utile de s’adjoindre un deuxième patronyme.
Il n’est pas envisageable d’étudier ici toute ces branches aux ramifications multiples. Disons seulement que les Cuppillard OTHENIN descendent d’un Othenin CUPPILLARD fils de Perin, notre numéro 4 de 1490, les Cuppillard BESANCON d’un Besançon CUPPILLARD, probablement notre numéro 2; les Cuppillard MESSIER, descendent probablement d’un CUPPILLARD élu messier, c’est à dire préposé à la garde des récoltes; on peut penser qu’un Cuppillard a épousé une GAY, donnant la branche des Cuppillard GAY.
Au dix-septième siècle seules trois branches subsisteront . Les CUPILLARD RATTE auxquels la suite de cet ouvrage sera consacrée, les CUPILLARD CURCOL qui se verront attribuer le deuxième surnom de MELIAN et qui de ce fait s’appelleront jusqu’au dix-huitième siècle tantôt CUPILLARD CURCOL, tantôt CUPILLARD MELIAN et même CUPILLARD CURCOL MELIAN, et enfin les CUPILLARD JEUNET, qui eux aussi bénéficieront d’un deuxième surnom, MONTAGNON et qui s’appelleront jusqu’à la Révolution, tantôt CUPILLARD JEUNET, tantôt CUPILLARD MONTAGNON, voire CUPILLARD JEUNE MONTAGNON.
Les autres branches ne se sont pas toutes éteintes, mais ont pu perdre le nom de CUPILLARD, comme les CUPILLARD BOISTON, qui au dix-septième siècle ne s’appelleront plus que BOISTON
Nous terminerons ce chapitre sur les différentes branches Cupillard par la transcription d’un document de 1564 intéressant à plus d’un titre.
Il s’agit de l’acensement d’un cours d’eau à Claude Cupillard Outhenin du Cerneux Péquignot.
« Nous François de Viry, protonotaire du St Siège apostolique, commendataire et administrateur perpétuel du prieuré et seigneurie de Morteau, scavoir faisons à tous présents et a venir, que de notre bon vouloir, pour nous et nos successeurs, seigneurs et prieur de Morteau, avons donné, laissé et accensé par ces présentes lettres, donnons, laissons et accenssissons purement et perpétuellement par la meilleure forme et teneur et manière que faire se pourrait à Claude fils de feu Perrin Cupillard Outhenin de Sur le Fourg, notre homme et sujet, présent, stipulant et acceptant pour luy, ses hoirs, successeurs et ayant cause au temps avenir, le cours d’eau d’un bief ou ruisseau étant en la montagne de Sur le Fourg audit Morteau, dite au Cerneux Pequignot, appelé le bief des Roussottes Cupillard et prendre dès après la maison des héritiers Jean Cupillard Ratte jusqu’auprès des héritiers Cupillard Boiston, nommé le cerneu au ruches et le pouvoir et autorité de en telle place que bon luy semblerait, dresser, ériger et construire et édifier un moulin et maisonnement nécessaire pour de l’eau du bief faire tourner un seul roüage servant au moulin, aussy pour sa commodité faire étang et fourg sur les communaux ou autre part le droit d’autruy sauf, auquel moulin il pourra moudre toutes espèces de graines et bleds qui y seront menés et portés, indifféremment compétent tant à un sujet qu’autre, quels qu’ils soyent, et retenir, percevoir et mettre à son seul et singulier profit la mouture et emolement, selon et en la manière accoutumée, auquel moulin il usera de coppes de telle contenance que les autres usent aux moulins rière notre seigneurie, à l’effet de quoy seront égales par nous ou notre commis et armoryes de nos armes, nos moutures franches[É] moyennant la cense ou rente annuelle et perpétuelle de deux émines froment, bon, léal et marchand, mesure de Morteau qu’iceluy Claude Cupillard sera tenu et dont il sera obligé et s’oblige par cettes, rendre, bailler et délivrer à nous et à nos successeurs, en notre grenier un chacun an et ce un chacun jour de fête St Martin, à peine de trois sous estevenants d’amande applicable à notre profit auquel jour de fête St Martin [É] passé en notre prieuré le vingt sixième jour du mois d’octobre l’an 1564 [É]. »
Ce document nous permet de localiser pour la première fois très précisément les Cuppillard RATTE au Cerneux Péquignot. Leurs voisins immédiats sont des Cuppillard OUTHENIN et des Cuppillard BOISTON, ce qui confirme leur origine commune proche.
Nous allons dans le chapitre suivant faire connaissance avec ce Jehan CUPPILLARD RATTE dont les héritiers tiennent les terres en 1564.
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