Origines
FAUCHE (Faulche) – 1490 à Morteau avec Guillaume Faulche. La
famille Fauche, mainmortable au XVe siècle, affranchie puis anoblie
au siècle suivant, accapare en quelques générations une grande partie
du territoire. Un de ses derniers représentants, Jean-Jacques Fauche,
1597-1662, deviendra archevêque de Besançon.
Histoire et documents
Quand les riches font leur fortune sur le dos des paysans
Dives aut iniquus est aut iniqui haeres (Erasme)
Le père Dunand, historien, qui se disait « archiviste et généalogiste de messieurs les chevaliers de Saint-Georges », établit en 1790 une généalogie de la famille Fauche, généalogie recopiée maintes fois sans vérifications jusqu’à notre époque.1 Cette généalogie intitulée « Généalogie de la famille noble de Fauche établie au Comté de Bourgogne et de ses branches quelque part qu’elles subsistent » débute par l’introduction suivante :
« La famille Fauche est originaire de Thorey dans le comté de Tonnerre, le premier qui vint s’établir dans le comté de Bourgogne fut Henri Fauche qui accompagna le marquis de Rothelin, comte de souverain de Neuchâtel et gardien de Morteau en la ville dudit Neuchâtel en 1469, on est fondé à croire qu’Henri Fauche fit ce voyage en qualité d’officier de ce prince ; cependant il quitta ladite ville quelque après pour venir s’établir dans celle de Morteau en Franche-Comté, et à peu de distance de la première. La proximité de ces deux endroits nous permet de penser qu’Henri Fauche pour continuer ses services auprès du souverain de Neuchâtel, qu’il eut même quelque commission importante pour luy dans le lieu de son nouveau domicile et que telle fut la source de cette grandeur à laquelle la famille Fauche ne tarda pas à s’élever.
Quelques auteurs ont parlé avantageusement de la famille Fauche, le scavant M. Dunod auteur d’une bonne histoire du comté de Bourgogne a essaié de nous en donner la généalogie, mais il a négligé d’en faire la descente, je répareray cette omission et je serai exact à citer les sources et les autorités qui m’auront intruit, lorsqu’elles me manqueront, j’y suppléerai par des raisonnements liés avec des faits prouvés et connus, je reddresserai ce qui a été annoncé sans fondement et je n’oublierai rien pour donner à cet ouvrage la perfection dont il est susceptible ».
Un Henri Fauche est effectivement cité dans la liste des habitants du Val de Morteau2 qui ratifient un traité avec le prieur en 1462, et on trouve bien Guillaume Fauche, cité comme fils de cet Henri dans la généalogie du père Dunand, en 1490, dans un livre de comptes du prieuré de Morteau ; ce registre dresse la liste de tous les mainmortables assujettis à la corvée de faux pour le seigneur. Seul porteur du nom, apparaît donc Guillaume Fauche, sujet mainmortable de la seigneurie, assujetti à la corvée de faux.
A qui fera-t-on croire, qu’un officier du comte de Neuchâtel se soit installé à Morteau et soit devenu sujet mainmortable de la seigneurie ?
En 1616 s’ouvre donc un interminable procès entre Etienne Fauche, seigneur de Domprel, capitaine du château de Joux et les héritiers su seigneur de Nancray, Pierre Fauche,l’aîné des fils de Jean Fauche et Jeanne de La Ferté.
Les archives du Parlement de Dole, conservées aux Archives départementales ont conservé les minutes des enquêtes pendant lesquelles plus de cent témoins sont venu apporter leur version.
Il s’agit bien sûr d’une question de gros sous, il s’agit de savoir qui gérait les affaires communes des frères Fauche depuis le décès du père quarante ans plus tôt et celui du sr de Nancray.
Les uns prétendent que c’est le seigneur de Nancray qui gérait seul les affaires de la famille, les autres que le sr de Domprel intervenait autant que son frère.
D’abord, précisons que ce que le Parlement de Dole, n’a rien à voir avec notre parlement, nous n’étions pas en démocratie, et le peuple n’élisait pas de députés, c’était une sorte de conseil constitué de membres de la noblesse et de gens de robe.
Ce qui est intéressant dans ce genre d’enquêtes, c’est que cela ouvre une fenêtre sur la vie quotidienne, nous voyons les habitants saisis dans leur quotidien et nous faisons ainsi connaissance avec des membres de toutes les couches sociales, aussi bien les paysans et les artisans, que des gens de robe ou des ecclésiastiques.
Les 14, 21 et 28 août 1616 un monitoire est publié (lu dans les églises de manière sollennelle avec menace d’excomunication)
Ecoutons quelques un de ces témoins d’une des enquêtes
Claude Chopard dit Guilllaumot, de Chaillesson, laboureur 64 ans.
Ne communiquait qu’avec le sr de Nancray, il y a dix huit ou dix neuf ans, il fit achat d’un meix à la montagne des Frenelots, quartier des Fins dépendant des biens de la communion des Fauche pour trois mille moins cent francs.
Pierre Boudot, notaire et tabellion général, 40 ans
Quand on procéda à l’inventaire on jetait les papiers qui ne servaient à rien, et on en brûla une grande quantité, il aida à allumer le feu.
Dit que les papiers ont été brûlé en présence des héritiers du sr de Nancray
Amey VERNIER, du Villars, notaire, 65 ans
le sieur de Nancray faisait grande dépense, quand il alla en Italie il emporta cinq cents écus.
Dame Etiennette Monin, veuve de fut hon Jacques Bratey, de la Grand Ville, 65 ans.
Etait fort bonne amie de la fut demoiselle Jeanne de Laffertey, mère des srs Fauche.
Bien souvenante du temps des nopces du fut sr de Nancray, la dépense fut fort grande » tant pour les accoutrements que pour les vivres que l’on envoya quérir de tous côtés. Son mari revint avec une charrette chargée de chappons et d’épiceries et autres provisions pour la cuisine.
Bemoiselle Jeannette Fauche, Dame de Pra, veuve de Noble Jean Franchet, demeurant à Ponarlier.
Soeur germaine du sieur de Domprel et tante de Hugues et Jean Fauche.
Le sieur de Domprel résida plusieurs années en la maison du sr Franchet son mary quand il était au collège à Pontarlier.
Au décès du sieur Jean Fauche son père, le bruit fut commun et fort grand que l’on avait treuvé en ladite maison grande quantité d’or et d’argent et croit quant à elle que l’on y treuvat plus moins cent mille francs pour ce qu’auparavant ledit fut sr son père avait voulu acheter deux seigneuries et avait en ses coffres le prix convenu pour ledit achat. Mr de Watteville y entrevint par droit de retenue et son père fut fâché.
Le sr de Domprel fit grande dépense en Italie à la cour du cardinal de Grandvelle. Outre l’argent emmené sa mère dut lui en envoyer d’autre.
Après le décès la demoiselle sa mère fit acquisition des seigneuries de Nancray, Naisey, Domprel, Chastelet et Pierrefontaine.
Le sieur de Domprel, six ou sept ans aux escoles à Pontarlier, deux ans à Dole, il passa en Allemagne, à Fribourg en Brisgau, en Espagne en l’occurance du mariage du duc de Savoye, à son retour aux Pays Bas où il a fait aussy divers voyages. Quelques fois à Morteau depuis qu’il a eut charge des affaires du Priore pour le fut sieur Archevêque de Cambray.
Marc Gaulard, marchand, 46 ans, fils de feu Jean Gaulard
Jean Golard Febvre son père et fut François Musy ont été receveurs pour les sr Fauche du 28 janvier 1571 jusqu’en 1576.
En 1586 ou 1587 le sr de Nancray voulut aller tenir mesnage à Chastelguyon, à Salins. Il fit mener deux chariots de meubles depuis Morteau.
Gabriel Benoit
Il est né vers 1528 notaire, lieutenant de la seigneurie
Habitait Sur la Seigne, à Montlebon, dans un hameau qui s’appelait autrefois Chez Benoit
Ne peut plus signer à cause de son âge
Pierre Gaulard, marchand, 46 ans, frère du précédent
Pierre Fauche, procureur d’office au Vaux de Morteau, cinquantième témoin, 43 ans
il se dit parent au tiers degré du sieur de Domprel au quatrième degré des défendeurs
.
Précise qu’après son mariage, pourvu de la capitainerie du Château de Joux, le sr de Domprel alla y habiter avec sa dame puis à Pontarlier et à Besançon. Venait à Besançon un mois ou six semaines.
Honorable Claude Bole, de la Grand Ville, marchand, 70 ans
30 ans en la maison du sr Fauche y entra au mois de septembre 1575 au service du sr de Nancray et se retira du service en septembre 1605.
Alla en Espagne avec le sr de Domprel à l’occasion du mariage du duc de Savoie,
était à Naples (cour de Grandvelle) avec le sieur de Nancray, lui a vu porter au col une chaîne de trois cent francs.
Hon Claude GUSTELOT, de Morteau, demeurant à Chastelchalon, 62 ans
allié aux parties
Simon MUSY, docteur en droit, 53 ans
est souvenant que le sr de Nancray fut marié en 1580 le propre jour de Nativité Saint Jean Baptiste, et que le père de la demoiselle Jacquemet mourut le lendemain des noces.
Dame Claude MERCIER, femme d’hon Claude Bole, de Morteau, 48 ans.
Il y a environ trente ans qu’elle est mariée avec maître Claude Bole, son mary, lequel estait déjà en ce temps là beaucoup entremis aux affaires de la communion des sieurs Fauche.
Dit qu’elle a vu batire la maison neufve pendant ladite communion et que pendant qu’on y travaillait il y avait un grand nombre d’ouvriers lesquels étaient payés toutes les sepmaines par ledit Claude Bole son mary.
Dame Jeanne Regnaud, vefve de Pierre Cartier, de Morteau, 60 ans.
A assisté en tant que sage femme à cinq ou six accouchements de la Dame de Domprel, tant au lieu de Morteau, que Pontarlier, Joux et Besançon.
Ladite dame de Domprel avait avec elle pour son service ordinaire une demoiselle flamande nommée Zaman et une autre qui s’appelait Marie qui était aussi des Flandres. Et quant au sieur de Domprel elle a veu aussy qu’il avait un jeune garçon de ce lieu de Morteau nommé Caton qui lui servait comme de page.
Jean Monnot, de Mouratan, cordonnier 80 ans
Le sieur de Domprel avait un maréchal allemand nommé Hans que luy déposant a vu traiter les chevaux.
Michel Monnot, de Mouratan, 70 ans, charpentier,
sont passés quarante ans, a servi de charpentier en la maison commune des frères Fauche pendant huit ans continuellement.
Huguenin Boillot, de la Combe, messager, 46 ans.
A porté plusieurs fois à Besançon des victuailles comme chapons, poules, beurre, fromage, pigeons.
Il porta aussi une valise contenant de l’argent qui ne pesait pas beaucoup puiqu’il la porta sur son col.
Claude Prenot Barbe, Dessus le Four, charpentier, 50 ans
A travaillé dans la maison du temps que dame Jeanne de la Ferté leur mère était encore vivante, était nourry et gaignait cinq carolus par jour et ung chapeau le jour de l’an que l’on luy donnait en forme d’etrainnes.
Pierre Simon, de la Grand Combe, laboueur, 39 ans
A travaillé à la dite maison du métier de rouhier, deux dogues ramenés de Flandere qu’on attelait à un petit chariot.
Guillaume Vermot Groshuguenin, masson, de la Grandville, 46 ans
a travaillé de son mestier de masson l’espace de sept ans
Gaspard Girardot, 46 ans
Attouche de quelque degré d’affinité assez lointain
Guillaume Musy, tailleur d’habits, 40 ans
a ouy dire à Mre Claude Bole que le nouveau bastiment pouvait bien revenir à quarante mille francs ;
attouche de parenté lointain degré
Publication du testament de Pierre Fauche fol° 267
2B1342
8 juillet 1613
Ecuyer, seigneur de Nancray trésorier pour leurs AASS au saulneries de Salins
Hugues Jacquemet Fauche et Jean Fauche ses fils
Testament conjoint avec Demoiselle Marguerite Jacquemet sa femme.
Le testateur habille douze pauvres pauvres enfans de noir, et la testatrice douze pauvres filles de blanc.
Une grand messe de requiem à Morteau en la chapelle de la maison du fut ledit sieur de Chastelet
Feue Demoiselle Claudine Bondus mère de ladite demoiselle Marguerite Jacquemet
A Guillemette Fauche femme de Vincent Jacquinot, ecuyer, sieur de Goulx, notre fille, quatre mille francs outre son cm
A Catherine Fauche notre fille vingt mille francs savoir mille pour ses habits nuptiaux et dix neuf mille pour son dot
A Mathey Grandguillaume notre serviteur deux cent frans
A Jean Gaulard, de Morteau, cent cinquante francs en gages.
A Anthoine Teste precepteur de Jean Fauche notre fils cent cinquante francs.
Christophe Guillemin notre serviteur cent francs.
A Léonard Boiston serviteur de Hugue de Jacquemet Fauche, notre fils, vingt cinq francs.
A Valentin Symonin lacquais dudit Hugues vingt francs.
Claude Clairon notre charretier quinze francs.
Isabeau Petit et Thonette Routhier filles de chambres de je la demoiselle Jacquemet à chacune soixante francs.
Jeanne Beaul et Jeanne Daclet nos servantes chacune vingt francs.
A Barbe Lhoste presentement demeurant avec mademoiselle Duxin cinq cent francs avec ses habits et troussel quand elle parviendra au saint sacrement de mariage.
Réf au cm Hugues de Jacquemet Faulche fis aisné avec dlle Anne Paule Hugon la moitié de tous nos biens.
Jean Faulche fils puiné
Fait à Salins le 7 aout 1610
Procès de 1617
2B1345
8 juin 1617
Hugues de Jacquemet Faulche et Jean Faulche, ecuyers, frères et héritiers de fut Pierre Faulche, seigneur de Nancray, trésorier des saulneriers de Salins,
Contre
Demoiselle Marguerite de Jacquemet vefve dudit fut sieur de Nancray,
Vincent Jacquinot seigneur de Goux recpeveur général de Bourgogne, le sieur de Goux comme père et légitime adminstrateur de Piere Jacquinot,
Demoiselle Guillemette Faulche femme dudi sieur de Goux,
Denys Faulche seigneur de Noironte,
Estienne Faulche seigneur de Domprel
à suivre ……
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